25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 18:56

 

Graduelle, depuis que la chaleur

          S'est mise à avoir peur,

La brise s'est gagné une âme, à fleur

          De frondaison bruissante.

 

Les branches, d'abord, ont bien disposé

          Les feuilles qui s'y trouvent.

Après, cendrées, elles ont balancé,

          Et puis très vite alors

 

L'arbre entier n'était plus qu'un mouvement,

          La fraîcheur était là.

Médite sans y mettre la pensée !

          Ignore puis attends !

 

 

 

 

Fernando Pessoa

Œuvres poétiques

Pour un « Cancioneiro »

Bibliothèque de la Pléiade

Gallimard, 2001

SG