22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:18

 

Forêt que je connais : maison de fous pour arbres

Enfermés dans les bois. La clé chez le gardien.

Ils hurlent, s'arrachant les oiseaux de la tête,

Pendant l'orage, ils boivent le vin des éclairs.

 

Par leurs verts corridors, verts de l'éveil du cuivre,

Se promènent les jours. Ils viennent un par un

En chemise blanche et par les mêmes corridors

Disparaissent, taches bouillonnantes sur la blancheur.

 

Chaque arbre est prison en prison. Mais les racines

Courent avec le rire moussu des sous-bois,

Fouillant, cherchant, palpant des ossements, des crânes,

Pour que se vrille en eux la folie de la vie.

 

 

                                                               1978.

 

Avrom Sutzkever

Où gîtent les étoiles

Traduction du yiddish par Charles Dobzynski

Seuil, 1988

SG