5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 17:37

 

Les forêts sont pleines de créatures étrangères

Un peu sauvages mais douces sous la dent

Quand elles gémissent et qu'une boule imprévisible

Soulève leur ventre apprivoisé

 

Ne cherchez pas à comprendre leurs pensées

Contradictoires comme des oiseaux apeurés

Qui vous gratifient d'un regard cruel

Après avoir mangé dans votre main

 

Un jour elles viendront de leur propre gré

Offrir les menus goulots de leur gorge

Avec un petit rire fou dans leur chevelure

Devant la mâle fièvre du sang

 

Celle que j'adoptai je lui pardonnai tout

Elle s'ouvrait sous moi comme un jardin dans l'ombre

Je n'avais plus pour but au monde

Que ce rare paradis illuminant ma forêt

 

 

 

 

Marcel Béalu

Poèmes

Le Pont Traversé, 1981

 

SG