13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 20:02

                                                           

 

                                                                     À Jean-Pierre Lemaire

 

Il était entouré de forêts.

Enfants, nous savions son nom juste.

 

Le méchoui qui cuisait ne te concernait pas.

À toutes jambes, ta quête était celle du couteau, du rameau, qui ferait la canne à pêche.

 

Au centre de libellules contemplatives, ta patience naquit à l’ombre, les pieds dans la terre mouillée, un fil tendu aux araignées d’eau.

 

Ce soir le pain roussirait entre la cendre et le cri de la hulotte.

Mais au bout de ta ligne la nuit pouvait attendre.

Souvent c’est ton doigt que tu prenais à l’hameçon.

Dans la goutte rouge qui montait vers les miroirs de lumière, tu pouvais pêcher de ta main toute la force des arbres.

 

 

 

 

Irène Gayraud

Revue À verse n°3

2009

irenegayraud.wordpress.com

SG