21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 08:12

 

Du fier eucalyptus par le gel desséché

ne résonnera plus la lyre harmonieuse,

le sang est bien tari dans le tronc asséché,

nul bourgeon n'en naîtra, ni feuille précieuse...

 

La nature pourtant revit pour célébrer

La sève triomphante émanant des ténèbres,

Si les flûtes du ciel le font encore vibrer

c'est pour un requiem sur ses restes funèbres.

 

Son feuillage était voile entre les doigts du vent

et son fût de safran pour lointaines escales,

voyages fabuleux aux îles-sous-le-vent :

L'arbre était un trois-mâts pour des mers tropicales.

 

Son cœur vibrant chantait au chorus de l'hiver,

Les harpes de la pluie égrenaient leurs cadences,

Il nous parlait «d'ailleurs» en son langage vert,

les insectes l'été l'auréolaient de danses.

 

Près de lui flotte encore un doux parfum d'encens.

Mort, son manteau bruni sous la lune s'irise,

et je crois déceler dans l'air évanescent

Les ultimes accords avant qu'il ne se brise.

 

 

 

Gisèle Cogez

Poésie Vannes 99

Jeux poétiques de Vannes, 2000

 

SG