3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 07:50

 

Les amandiers ont colorié la toile aride.

Durant quelque temps

cette terre oubliée des dieux s'est parée :

corolles roses et blanches, incendie des collines orphelines.

 

Sur les parois de chaux dénudées,

le crucifix en bois d'olivier  ̶  a grandi.

Chacun a repris son souffle :

un parfum d'invisible sorbet

apaise les plaies au cœur des hommes.

 

Au pied d'un figuier,

un autel à la nature

étale ses oranges et ses noix.

 

La nuit venue, la horde sauvage des chiens

laisse les collines, pénètre dans le village.

Ce soir, on ne les chassera pas,

au coin des venelles, on leur offrira les restes,

dans une assiette, et on regardera

comme ils se les disputent.

 

Demain les amandiers auront séché,

il faudra signer la toile, d'un peu de sueur.

 

 

 

 

Jean-François Patricola

Siciles

Alidades, 1997

SG