26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 08:35
De l'Hiver-de-l'arbre au Printemps-de-l'arbre

L'arbre, dans son propre corps

Est un arbre.

En son corps entier l'arbre devient un arbre.

En son corps entier, dépouillé à moins 13 degrés,

À moins 20 degrés sur terre

Le corps entier enfonce la racine et hisse la tête

Restant debout en arbre nu sans défense

Deux mains levées comme s'il était puni

Ah, avec le corps puni, se tenant debout avec une vie punie,

   mais

Ce n'est pas ça, Ce n'est pas ça

Son âme entière se tourmente, à l'intérieur, à l'intérieur de

   son corps, brûlant,

Résistant, refusant, de moins zéro degré

À plus de zéro degré, 5 degrés, 13 degrés sur terre.

Il va en poussant, monte en poussant plus fort.

Jusqu'à ce que tout son corps écrase

Jusqu'à tout écraser, il enfle

Crève, sortant sa langue chaude il fait sortir les bourgeons

Lentement, doucement, soudain ils deviennent les feuilles

   vertes ;

Se cognant au ciel bleu d'avril,

L'arbre en son corps entier devient un arbre.

Ah ! Ah! enfin, finalement

L'arbre en fleurs, de tout son corps

Est un arbre en fleurs.

 

 

 

 

Hwang Ji-U

De l'Hiver-de-l'arbre au Printemps-de-l'arbre

Cent poèmes traduits du coréen par Kim Bona

William Blake & Co., 2006

SG