22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 11:39

 

Les amandaies

où je me rendais, enfant, nus-pieds,

ne sont plus : poussé par le vent chaud de la mer, le feu les a emportées.

 

Les troncs calcinés font encore entendre

de sinistres craquements  ̶  où nichait

l'invisible chant des cigales.

 

Terre cruelle, sur ta peau aride

je marquerai ma colère et mon désespoir

laissant au regard des hommes

ces souches sans plus de corps.

 

Pour replanter espérance et oliviers, le courage m'a manqué.

Mon sang, ma sueur, ne sont plus ta manne.

Vers la ville grouillante j'irai mourir

loin des gaules de bambou qui illuminaient mon enfance

et plus tard ont animé ma solitude l'été venu.

 

Mourir, et renaître,

ton corps est immortel,

et le mien.

J'irai colorier de gris le tronc des oliviers ;

les oliviers que je n'ai pas su planter.

 

 

 

 

Jean-François Patricola

Siciles

Alidades, 1997

SG