5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 09:49

 

          L'arbre féminin

Porte une frondaison de fenêtres

          Où le pied entre en espion

Et d'où la main sort brûlée.

          L'arbre féminin et l'alchimie

Des vasistas liquides

          Bougeant comme un reflet.

Des scènes y sont jouées, évanescentes :

Il s'agit d'un parfum, un poing américain de parfum

de cheveux

de trottinements.

          Ce sont des feux de paille découverts dans la rue.

Les racines sont tailladées par des rasoirs.

          Des baguettes chinoises vont du sol aux fenêtres.

Parfois, elles se rassemblent dans un claquement sec,

comme un éventail ; elles se tiennent l'une contre l'autre

pour que dessus viennent reposer des lèvres écarlates.

Ventrues et souples, elles se distendent et rient, se

distendent et dansent ; ces lèvres tordues s'ouvrent

comme un piège à ours et là où les fenêtres présentaient

l'animation foisonnante de spectacles éphémères, les

lèvres qui les ont remplacées se ferment de manière

catégorique, sans tergiverser, en un éclair ; elles ne

s'ouvriront qu'une fois, alors,

Une fois, joues gonflées

Expédié expulsé

          Le noyau de cerise.

 

 

 

 

Thibaut Binard

Diagonal Doce

La Différence, 2008

 

SG