12 mai 2015 2 12 /05 /mai /2015 17:05

   

    L'ombre de la forêt envie l'ensoleillement des prés. Mais quand la percent les rais obliques du soir tout le feuillage frémit de la blessure. Alors la nuit lui pose sur le front le baiser de ses myriades d'étoiles. La nuit, légère comme une eau de source, scintillante comme un bal, tourne lentement, longtemps, ivre d'immensité. Quand l'aube se lève au bout du ciel la nuit se retire dans l'ombre de la forêt.

 

 

 

Jean Grosjean

Vasistas

Gallimard, 2000

SG