13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 15:53

 

Ils sont trois les arbres robustes qui hantent
l’espace de mes obsessions :

le cyprès, pointe acérée dans le ciel étoilé,
rassemblant les ombres d’amis partis trop tôt,

perçant le chant des rossignols,
l’exubérance matinale des alouettes ;

le peuplier, tremblant d’un feuillage jaunissant
dans l’anse marécageuse d’une île lointaine

où les grues de septembre se posent, fuyant
leurs neiges de désolation ;

l’eucalyptus, son immensité de terres et d’horizons
et d’oiseaux ivres de soleil dont le cri raille

 

le voyageur entêté qui va d’un pas chancelant
confiant dans les certitudes de ses cartes.

 

 

 

 

Dimitris Tsaloumas

Un chant du soir

Traduit de l'anglais (Australie) par Pascal Laurent

La Différence, 2014
 

 

 

 

 

Of trees and birds

 

 

Three are the hardy trees that haunt
the space of my obsessions:

the cypress, pointed sharp in starlight
gathering shadows of friends long gone,

piercing the song of nightingales,
the break-of-day exuberance of larks;

the poplar, tremulous of yellowing leaf
in a far island’s marshy cove

where September cranes land on their flight
from the oncoming snows of desolation;

the gum, its vastness of land and horizons
and sun-struck screeching birds that mock

the stubborn traveller who staggers on
trusting the certainties of maps.

SG