4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 12:12

 

Térébinthe, ton rêve était plus vert

que la pluie de l'herbe où passe

dans mes souvenirs, l'amour qui enlace

tes feuilles au ruisseau fugace.

 

Ton feuillage pleurait comme le saule.

Tu étais plus grand, aimable et prisonnier

dans le jardin, que le ciel de février,

que le Sarandí dans les ondes de son lit.

 

Ah, combien de fois ai-je admiré les vers

dispersés du Rubaiyat d'Omar-Khayyâm

et la triste rosée de diamants

 

que les amants aimaient la nuit

dans tes branches, et les larmes et la joie

que ton feuillage à l'amour promettait.

 

 

 

Silvina Ocampo

Poèmes d'amour désespéré

Traduction de Silvia Supervielle

José Corti, 1997

 

 

 

 

 

 

El aguaribay

 

 

Aguaribay, tu sueño era más verde

que en la hierba la lluvia donde pasa,

en mis recuerdos, el amor que enlaza

tus hojas al arroyo que se pierde.

 

Tu follaje lloraba como el sauce.

Eras más grande, amable y prisionero

en el jardín, que el cielo de febrero,

que el Sarandí en las ondas de su cauce.

 

Ah, cuántas veces admiré los versos

del Rubaiyat de Omar Kaiam, dispersos,

y los rocíos tristes de diamantes

 

que amaban en la noche los amantes

en tus ramas y el llanto y la alegría

que al amor tu follaje prometía

SG