22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 08:01

 

Un arbre est une bête

Sans guère d'espérance

Il n'a que son silence

Même au sein des tempêtes,

Son regard est diffus

Et ne se centre pas.

Immobiles, ses pas,

Qui cherchent une issue.

L'arbre ignore les dents,

Les pieds en mouvement,

Ses racines l'isolent

De toutes les paroles.

Il ne sait des distances

Que celles que reflète

Le lac où il s'entête

À doubler sa présence,

Comme s'il en tirait

Espoir de délivrance.

 

 

 

 

Jules Supervielle

Œuvres poétiques

Le Corps tragique

Bibliothèque de la Pléiade

Gallimard, 1996

 

 

 

 

SG