13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 19:21

 

L'arbre dont j'aimais le feuillage

Est mort à la fin de l'été,

Je n'en connaîtrai pas l'ombrage

Et ne l'entendrai plus chanter.

 

Le vent oubliant ses caresses

Soufflera sans faire de bruit,

L'oiseau fidèle à ses promesses

N'y pourra plus faire son nid.

 

Quand le printemps viendra, la sève

Ne nourrira pas de bourgeons,

Avant que l'hiver ne s'achève

Les touffes de gui périront.

 

Au soir tombant les branches nues

Dressent au ciel leurs bras noircis

Implorant les âmes perdues

Qui reviennent hanter la nuit.

 

L'arbre dont j'aimais le feuillage

Est mort à la fin de l'été

Comme sont morts les chers visages

De nos amours du temps passé.

 

 

 

Roger Bonhomme

Vers le soir

Les Paragraphes Littéraires de Paris, 1976

SG