23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 17:15

 

Les arbres avares en pleur

(Souvent il pleut de manière

Incompréhensible en automne

Comme des giboulées de mars

Entre deux éclaircies qui paraissent

Incongrûment printanières)

Regardent tomber leurs mains

Noires ce dont ils n'étaient prodigues

Que pour le montrer cet habit

Vert (d'une superbe à éblouir

Les humains à la peau terreuse)

Dont les poches et les doublures

Étaient bourrées de cet or

Faux de pacotille auquel

Ils s'accrochent comme au mensonge

Qui les faisait tenir debout

Les humains eux se couvrent doublement

De vêtements sombres et s'en vont

Courbant le tronc de leur échine

Au-delà des arbres vers quelles

Autres illusions moins que celles-là

Passées de saison.

 

 

 

Jean-Claude Valin

Arrhes poétiques

Le Pont de l'Épée, 1967

SG