13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 17:01

 

l'étendue

de ce pays que je ne connais pas

 

le temps

d'être immobile feint durant des heures

d'un ciel couvert

            et par-dessus le châtaignier

immense ; à chacun a donné

son lot de douleurs

d'infirmités, à chacun le jardin clos

d'arbres amers où méditer

 

aux plus révoltés reste encore

le loisir de songer

 

par la fenêtre ouverte

entre le ciel couvert à peine

de mon repos ose à peine

approcher

et la toison dense des forêts

d'or se revêt sur les sommets

 

            entre elle et moi

un châtaignier

immense.

 

 

 

Gérard Bayo

Déjà l'aube d'un été

Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1984

SG