26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 07:45

 

Arbres automnalement indociles

résistent, si grand soit le vent,

à se retourner l'un contre l'autre... Toutefois

depuis les frémissements jusqu'à la paralysie

ou la cassure des branches

ils sont là aussi

pour ne pas survivre à eux-mêmes.

À quoi se fient-ils ? À quoi se risquent-ils ?

De quelle plénitude ?

 

En bas, dans le jaune soufre

et les flaques de l'amère indolence

l'homme s'en va car il ne peut

autrement... Mais tout en s'éloignant

il ne sera pas seul pour autant...

 

 

 

Vladimir Holan

L'Abîme de l'abîme

poèmes traduits du tchèque par Patrick Ourednik

Plein Chant, 1991

 

 

 

                    ♦

 

 

 

 Naděje ? 

 

 

Podzimně neposlušné stromy

bráni se byť i při sebevětším vichru,

obracet se proti sobě… Jenomže

od rozechvění až k ustrnutí

nebo k lámání větví

jsou tu také proto,

že nechtějí přežít samy sebe.

V co důvěřují ? Čeho se odvažují ?

Z jaké plnosti ?

 

Hluboko pod nimi v sírové žluti

a v kalužích hořké cizoty

odchází člověk, neboť

nemůže jinak… Ale tím,

že se vzdaluje, nebude ještě sám…

SG