3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 06:33

 

Ce jeune roi seul qui pouvait comprendre

Pourquoi la grâce et pourquoi le printemps

Et cet oiseau renaissant de ses cendres

Se sont trouvés dans l'arbre et dans le temps.

 

La fleur du ciel sur l'épaule de l'ange

Ne se posait que pour cueillir les jours

L'enfant marchait, mais c'était une danse

Un rituel d'où s'échappaient toujours

Les mots fleuris d'un éternel silence.

 

L'arbre chantait la joie de ses ramilles

Ou se penchait pour écouter le vent

Mais cet enfant, cet oiseau dans sa vie

Nourris d'amour, perdus parmi le temps

C'était un chant venu d'une autre rive.

 

L'enfant passa, l'oiseau contre l'épaule

Et caressa l'écorce du regard

Il dit des mots pour des dieux qu'on ignore

L'arbre frémit percé de part en part

D'un trait plus pur que ses métamorphoses.

 

Ce fut le fruit, le don bien avant l'aube

D'un siècle neuf et d'un astre lointain

Quand sa clarté brilla dans les automnes

Tenant l'oiseau de flamme dans sa main

Le jeune roi passa d'un monde à l'autre.

 

 

 

 

Robert Sabatier

Les fêtes solaires

Albin Michel, 1955

SG